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Infos en français facile : Édition du 28/03/2022 20h00

Transcription

PROCHE-ORIENT : sommet historique en Israël ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : Il est 22h à Paris, 16h à Washington.
Bienvenue dans le Journal en français facile présenté ce soir avec Léa Boutin Rivière, bonsoir.

Léa Boutin Rivière : Bonsoir.

AC : trois millions huit cents mille Ukrainiens ont quitté leur pays depuis le début de l'invasion russe. Aujourd'hui à Bruxelles, les ministres de l'Intérieur de la zone Schengen ont adopté un plan pour faciliter leur accueil.

LBR : Heineken quitte la Russie. Le fabriquant de bière néerlandais emploie 1.800 personnes sur place. Selon l'étude d'un professeur de Yale aux États Unis, 450 entreprises occidentales ont déjà pris cette mesure pour sanctionner Moscou. 

AC : Proche-Orient avec ce sommet historique en Israël. Les ministres des Affaires étrangères d'Égypte, de Bahreïn, des Émirats arabes Unis et du Maroc ont rencontré leur homologue de l'État hébreu, en présence du secrétaire d'État américain. Ils ont évoqué une nouvelle alliance face à l'Iran. 

LBR : Le début de la campagne électorale officielle en France. À moins de deux semaines du premier tour de la présidentielle, tous les candidats doivent avoir un accès égal aux médias.

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LBR : La situation à Marioupol inquiète les autorités ukrainiennes.

AC : Selon une conseillère de la présidence à Kiev, environ 5.000 personnes ont été enterrées dans cette ville assiégée par les Russes. Mais elle estime que le bilan est beaucoup plus lourd. Il n'y a plus de funérailles depuis dix jours à Marioupol à cause des bombardements continus. Selon le maire de la ville, 160.000 personnes vivent encore sur place, le plus souvent dans les sous sols, dans des conditions épouvantables. 
Les combats continuent par ailleurs de se dérouler à Kharkiv la deuxième ville du pays dans le nord-est, et dans plusieurs localités autour de Kiev, la capitale. Ce soir, l'Ukraine annonce qu'Irpin, dans la banlieue de Kiev, a été « libérée » des forces russes 

LBR : Sur le front diplomatique, de nouveaux pourparlers doivent avoir lieu demain entre l'Ukraine et la Russie.

AC : « Le programme minimum, ce seront les questions humanitaires, et le programme maximum c'est de parvenir à un accord de cessez-le-feu »  déclare ce soir le ministre des Affaires étrangères ukrainien, en prévision de ces discussions. Elles se dérouleront à Istanbul en Turquie. La précédente session de négociations n'avait rien donné.
 
LBR : Après plus d’un mois de guerre,  plus de trois millions huit cents mille Ukrainiens  ont déjà fui leur pays.

AC : L'Union européenne leur a accordé un statut de protection temporaire automatique. Elle doit maintenant s'organiser pour faire face au flot de réfugiés. C'était l'objectif d'une réunion des ministres de l’Intérieur de la zone Schengen cet après-midi à Bruxelles. 
Correspondance, Pierre Benazet.

Les ministres de l’Intérieur ont adopté un plan en dix points qui doit d’abord aider les réfugiés eux-mêmes, par exemple avec une plateforme leur permettant de trouver des informations sur les transports. Il y aura aussi la mise en place de ce que l’UE a baptisé « un index des hébergements » pour connaître les capacités d’accueil disponibles ou déjà utilisées dans chaque État de l’UE. le but est de permettre aux réfugiés ukrainiens d’utiliser pleinement leur statut de protection automatique, il leur donne aussi le droit de travailler, d’être soignés ou d’aller à l’école. Un effort particulier va être fait pour les réfugiés actuellement en Moldavie où seront envoyés des hommes de l’agence Frontex de garde-côtes et de gardes-frontières afin d’offrir une relocalisation directe dans l’Union européenne. L’UE qui va aussi se mettre d’accord avec les Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada pour acheminer les réfugiés qui veulent s’y rendre.
Une plateforme européenne sera aussi établie afin de recenser et enregistrer tous les réfugiés, ce qui servira non seulement à centraliser les aides mais aussi à lutter contre une éventuelle criminalité. Pierre Benazet, Bruxelles, RFI.

LBR : Heineken se retire de Russie.

AC : Le fabriquant de bière néerlandais emploie 1.800 personnes dans le pays. Il rejoint ainsi la liste des entreprises qui ont choisi de quitter la Russie pour sanctionner Moscou. C'est ce que demandent les autorités ukrainiennes. Et pour accentuer la pression, un professeur de l’université de Yale aux Etats-Unis, Jeffrey Sonnenfeld, a publié une liste des sociétés qui travaillent dans le pays. Ariane Gaffuri.

Pour l’heure, 450 entreprises ont annoncé leur retrait de Russie, selon la liste de Jeffrey Sonnenfeld. Un nombre qui étonne Jean de Gliniasty, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques. 
« Il y a 4.000 entreprises allemandes qui sont installées en Russie, à peu près 500 entreprises françaises installées en Russie, je ne parle pas des Anglais et des Italiens qui ont eu beaucoup de petites PME, donc le chiffre de 450 est un peu bizarre. Donc sur quelle base ça a été fait ? Moi ce que je crains beaucoup c'est que ce soit fait sur les entreprises les plus visibles, les plus emblématiques et qui sont ainsi mises à l'index. En tout cas il y a beaucoup d'inexactitudes par exemple, quand on dit, que Mac Donald est parti, c'est pas vrai, les trois quart de ses magasins sont toujours ouverts et pour une raison très simple, c'est qu'ils fonctionnent sur franchise et qu'on ne peut pas lever les franchises du jour au lendemain, la même chose sans doute pour Starbucks, donc en fait je crains que ce travail soit un peu rapide et motivé essentiellement par cette volonté de "naming and shaming" comme ont dit en anglais, "nommer et faire honte" à un moment crucial de la campagne militaire en Ukraine. »
Une liste en tous cas qui entache l’image des entreprises en activité en Russie, et qui les met sous pression pour qu’elles se retirent.

LBR : Proche Orient à présent, avec ce sommet historique en Israël. Les ministres des Affaires étrangères d'Égypte, de Bahreïn, des Émirats arabes Unis et du Maroc ont rencontré leur homologue de l'État hébreu, en présence du secrétaire d'État américain.

AC : Il s'agissait de discuter de la paix au Moyen-Orient et du programme nucléaire iranien. Mais lors de la conférence de presse de bilan, il a surtout été question de la possibilité d'une nouvelle alliance face à Téhéran. Les précisions de notre correspondante à Jérusalem, Alice Froussard.

Il y avait une chose qui rapprochait les pays participants à ce sommet, une inquiétude commune, celle autour du programme nucléaire iranien. Yaïr Lapid, chef de la diplomatie israélienne l’a affirmé, l’alliance d'lsraël et de certains pays du Golfe envoie un message fort à Téhéran.
[Traduction] « Cette nouvelle architecture, les capacités partagées que nous construisons, intimident et dissuadent nos ennemis communs, en premier lieu l'Iran et ses mandataires. » 
Yaïr Lapid a aussi confirmé la création d’un Forum du Néguev dont le format n’est pas encore très clair, il pourrait s’agir de rendre annuelle cette conférence diplomatique et, pourquoi pas, d’y inviter, cette fois, les Palestiniens, continue-il. Des propos sur lequel rebondit Antony Blinken, secrétaire d’état américain.
[Traduction] « Ces accords de paix régionaux ne sont pas un substitut au progrès entre Palestiniens et Israéliens. L'une des questions est de savoir comment les pays impliqués dans les accords d'Abraham, ainsi que ceux qui ont des relations diplomatiques de longue date avec Israël, peuvent soutenir les Palestiniens de manière concrète. »
Car tous ces efforts conjoints, dit-il, doivent conduire à une solution à deux États. « Mais ce n’est qu'un mirage, une illusion et une récompense gratuite pour Israël qui ignore les droits du peuple palestinien » réagit dans un communiqué Mohammad Shtayyeh, le premier ministre palestinien. Alice Froussard, Jérusalem, RFI.

LBR : Clips officiels, affichage réglementé et stricte égalité dans les médias : une nouvelle phase de la campagne présidentielle a démarré ce lundi en France.

AC : C'est le début de la campagne officielle. Les télévisions et radios comme RFI doivent maintenant offrir l’exact même temps de parole et d’antenne aux 12 candidats en lice, et ce, quel que soit le poids électoral de leur parti ou leur position dans les sondages. Un casse-tête pour les médias, et une aubaine, un avantage pour les petits candidats. Lucile Gimberg.

C’est un principe démocratique pour garantir une information équilibrée aux citoyens. Alors dans les tours des télés et radios, on s’arrache les cheveux pour être dans les clous. Car l’égalité entre les 12 candidats à la présidentielle doit être assurée pour chaque tranche horaire. Pas question de rediffuser des meetings la nuit, comme c’était le cas par le passé. 
Du côté des candidats les plus hauts dans les sondages, favorisés jusqu’à hier, on scrute aussi les compteurs et l'on tache d’être stratégique. Pour assurer une diffusion maximale au premier meeting d’Emmanuel Macron ce samedi, ses soutiens sont par exemple priés d’économiser leur salive cette semaine. Et c’est le parti qui distille les laisser-passer pour aller sur les plateaux. 
Le candidat de gauche Jean-Luc Mélenchon mettra, lui, le paquet sur les réseaux sociaux qui ne sont pas régulés en termes de temps de parole. Seuls satisfaits, les candidats les plus bas dans les intentions de vote. À partir d'aujourd'hui, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou ou encore Nicolas Dupont-Aignan ont le même temps d’antenne que les poids lourds de l'élection.

LBR : À treize jours du premier tour, les sondages donnent toujours le président sortant en tête.

AC : Mais rien n'est joué : près de quatre électeurs sur dix qui sont sûrs d'aller voter n'ont pas encore fait leur choix. C'est la fin de ce Journal en français facile. Merci de nous avoir écouté, à demain !

Article publié le 28/03/2022

RFI - Radio France Internationale