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Infos en français facile : Édition du 22/03/2022 20h00

Transcription

GUERRE EN UKRAINE : deux bombes superpuissantes ont touché Marioupol ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : Vous écoutez RFI, il est 21 h à Paris. Bonjour et bienvenue dans le Journal en français facile présenté ce soir avec Mehdi Meddeb. 

Medhi Meddeb : Bonjour Anne Corpet.

AC : 27e jour de guerre en Ukraine, deux bombes superpuissantes ont touché Marioupol ce mardi. La situation humanitaire est dramatique dans cette ville portuaire du sud-est du pays.

MM : « Cette guerre ne peut pas être gagnée, elle doit cesser. » c'est ce qu'a déclaré aujourd'hui le secrétaire général de l'ONU. Antonio Gutteres a dénoncé l'absurdité du conflit, vous allez l'entendre dans ce journal. 

AC : En Russie, le principal opposant à Vladimir Poutine condamné à neuf ans de prison. Alexeï Navalny va être envoyé dans une colonie pénitentiaire à régime sévère : les conditions de vie y sont beaucoup plus dures que celles de la prison où il est détenu actuellement. 

MM : En Chine, les autorités tentent de faire ralentir la progression de l'épidémie de Covid, avec de nouvelles mesures de confinement : les neuf millions d'habitants de la cité industrielle de Shenyang n'ont plus le droit de sortir.

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MM : Au 27e jour du conflit en Ukraine, deux « bombes superpuissantes » ont frappé Marioupol ce mardi.

AC : C'est ce qu'annoncent les autorités de cette ville du sud-est de l'Ukraine, sans donner de bilan. Après trois semaines de bombardements, les chars russes sont entrés dans Marioupol. Plus de 200 000 personnes y sont toujours coincées. La plupart vivent dans les sous-sols pour se protéger des frappes aériennes. Et elles manquent de tout : il n'y a plus d'eau, d'électricité, de gaz et de nourriture. Les autorités ukrainiennes tentent de négocier l'évacuation de ces civils. Ces derniers jours, quelques dizaines de milliers de personnes ont pu quitter la ville, détruite à plus de 80% selon les autorités. Écoutez ce qu'en dit Dmytro Gurin. Il est député, originaire Marioupol, il a été joint au téléphone parAnastasia Becchio.

Nous participons à tous les formats diplomatiques. Nous tentons de négocier. Personnellement, dans la mesure où j’ai vécu en Russie pendant 12 ans avant le Maidan, sous le régime de Poutine, je suis extrêmement pessimiste quant à l’issue de ces négociations. J’estime qu’elles ont du sens, comme tous les formats diplomatiques, et qu’elles sont nécessaires, mais qu’elles n’aboutiront à rien, parce que la Russie n’a pas l’intention de se mettre d’accord sur quoi que ce soit. Pour ce qui est de Marioupol, leur idée est d’organiser une famine, pour l’utiliser comme un levier dans les pourparlers. C’est pourquoi je ne vois aucun changement de position de part de la Russie. La première semaine, ils ont mené une guerre conventionnelle, armée contre armée, mais maintenant, ça s’est transformé en terreur et leur intention aujourd’hui est tout simplement de casser la résistance comme en Syrie et détruire les villes. La Russie a besoin que l’Ukraine n’existe pas.

AC : Dmytro Gurin, député ukrainien originaire de Marioupol.

MM : La capitale, elle, est toujours sous couvre-feu, Anne.

AC : Les habitants de Kiev sont terrés chez eux depuis hier soir et jusqu'à demain matin mercredi. Au moins une personne a été tuée aujourd'hui sur place à cause d'une attaque de drone, ces petits appareils volants sans pilote. Les combats se poursuivent aussi à Irpin à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Kiev. Et puis selon le ministère américain de la défense les forces ukrainiennes ont lancé des contres offensifs et reprennent du terrain, notamment dans le sud du pays. Le Pentagone parle de problèmes de communication et de coordination au sein de l'armée russe.
 
MM : Et presque un mois après le début de l'invasion russe, le secrétaire général de l'ONU renouvelle son appel à mettre un terme au conflit.

AC : Antonio Gutteres dénonce l'absurdité de cette guerre, qui dit il ne peut pas être remportée. Écoutez le secrétaire général des Nations unies, au micro de Carrie Nooten, notre correspondante à New York.

« Cette guerre est ingagnable. Tôt ou tard, il faudra quitter le champ de bataille pour travailler à la paix. C'est inévitable. La seule question, c'est : Combien de vies doivent encore être perdues ? Combien de bombes doivent encore tomber ? Combien de Marioupol doivent encore être détruits ? Combien d'Ukrainiens et de Russes seront encore tués avant que tout le monde ne se rende compte que cette guerre n'a pas de gagnants, seulement des perdants ? Combien de personnes devront encore mourir en Ukraine ? Combien de personnes autour du monde devra faire face à la faim pour que cela s'arrête ? Poursuivre la guerre en Ukraine est moralement inacceptable, politiquement indéfendable et militairement absurde ».

AC : Antonio Gutteres, le secrétaire général des Nations unies.

MM : Le président ukrainien se dit prêt à un compromis sur le Donbass et la Crimée.

AC : Volodymyr Zelensky veut en discuter avec Vladimir Poutine. Mais il prévient : tout accord devra être validé par référendum, le peuple ukrainien devra l'approuver. Volodymyr Zelensky s'est entretenu aujourd'hui avec le pape François. Il lui a demandé de jouer le rôle de médiateur, d’intermédiaire, dans les négociations entre Kiev et Moscou.

MM : Les Occidentaux vont annoncer jeudi « de nouvelles sanctions contre la Russie et renforcer » celles qui existent déjà.

AC : C'est ce qu'annonce la Maison Blanche ce soir. Elle précise que le président américain va « annoncer une action commune pour renforcer la sécurité énergétique de l'Europe » et réduire sa dépendance au gaz russe.
Joe Biden sera en Europe cette fin de semaine. Il va participer jeudi à Bruxelles à trois réunions internationales importantes : un sommet de l'OTAN, un sommet du G7 et un sommet de l'Union européenne. Le président ukrainien sera invité à intervenir pendant la réunion de l'OTAN par visio conférence. 

MM : Washington dénonce ce soir la nouvelle condamnation d'Alexeï Navalny, le principal opposant de Vladimir Poutine.  

AC : Il a été condamné à neuf ans de prison ce mardi. Cette peine inclue l'année qu'il vient de passer derrière les barreaux. Il lui reste donc huit ans à purger. Mais il va changer de lieu de détention. L'opposant russe va être envoyé dans une colonie pénitentiaire à régime sévère, un lieu isolé où les conditions de vie sont beaucoup plus dures que celles de la prison où il est actuellement détenu. Correspondance à Moscou, Anissa El Jabri.

Alexeï Navalny, mais aussi d’autres condamnés passés par la colonie pénitentiaire où il se trouve depuis un an, décrivent déjà des conditions d’enfermement très difficiles. Surveillance par d’autres détenus, torture psychologique disait aussi l’opposant. Les prochaines années s’annoncent encore bien pires sauf improbable victoire en appel dans ce dossier où il est cette fois poursuivi pour « escroquerie ». Alexeï Navalny va passer les prochaines années dans une colonie pénitentiaire à régime dit sévère, un lieu isolé avec des criminels endurcis. Restrictions sur les visites ou le courrier, quartier disciplinaire à la moindre incartade. Comme c’est son habitude, Alexei Navalny s’est exprimé sur les réseaux sociaux après le verdict. L’ancien avocat qui continue de défier un pouvoir qui je cite « a peur de la vérité ». Devant le tribunal, seul un partisan de l’opposant était venu manifester. Ses deux avocats ont eu été arrêtés une heure. Motif : entrave à la circulation. Ils donnaient une conférence de presse improvisée sur le trottoir. Anissa el Jabri, Moscou, RFI.

MM : En Chine, une nouvelle flambée de l'épidémie de Covid.

AC : Et les autorités imposent de nouveaux confinements. Les neuf millions d’habitants de la cité de Shenyang n'ont plus le droit de sortir. À Shanghai, le confinement n'est pas obligatoire, mais la ville vit au ralenti. Reportage de notre correspondant sur place Léo Cirah.

« Chers habitants, ce matin, les tests PCR commencent à 11 heures. Merci de mettre un masque et d’apporter votre carte d’identité, votre smartphone…  ». Il est 7 heures ce mercredi matin quand les habitants de ma résidence apprennent qu’ils sont confinés pour deux jours. Cela fait deux semaines que le nombre de cas augmente à Shanghai. Alors pour tenter de stopper les foyers, les districts les plus touchés ont entrepris de tester l’ensemble de la population. À 11 heures, des dizaines d’habitants se rendent dans un petit square transformé en centre de test mobile : il faut s’inscrire en ligne, on reçoit un code QR qu’un employé scanne et une infirmière nous passe un coton tige au fond de la gorge. Ce jour-là et le lendemain, interdiction de sortir. Mais le troisième jour, vers 20 h, le portail de la résidence est toujours fermé et nous n’avons pas la moindre information. « Moi je ne sais rien du tout », dit ce gardien, qui essaie de calmer la foule : un voisin m’explique qu’à l’instant, un groupe a poussé et les gardiens ont même reçu quelques coups de poing. Mais le lendemain, mauvaise nouvelle, des cas ont été découverts dans des rues voisines, nous devons réaliser deux tests supplémentaires et cinq jours plus tard, les portes de la résidence sont toujours bien gardées. Léo Cirah, Shanghai, RFI.

AC : RFI, il est 21 h 10 à Paris, c’est la fin de ce journal en français facile, merci de l’avoir suivi

Article publié le 22/03/2022

RFI - Radio France Internationale