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Infos en français facile : Édition du 21/03/2022 20h00

Transcription

GUERRE EN UKRAINE : Kiev est sous couvre-feu ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : RFI, il est 21h à Paris, 23h à Moscou. Bienvenue dans le Journal en français facile présenté ce soir avec Mehdi Meddeb, bonsoir Mehdi.

Mehdi Meddeb : Bonsoir Anne, bonsoir à tous.

AC : 26e jour de guerre en Ukraine. La capitale Kiev est sous couvre-feu. À Marioupol dans le sud-est, les habitants sont privés de tout et toujours bombardés. Guerre aussi sur le front de l'information :  les autorités russes ont interdit Facebook et Instagram.

MM : L'invasion en Ukraine entraine la hausse des prix des aliments. La guerre entrainera des risques de famine, a dit aujourd'hui le ministre français des Affaires étrangères. Nous irons en Belgique où certains magasins commencent à rationner les achats. 

AC : Catastrophe aérienne en Chine : un Boeing-737 avec 132 personnes à bord s'est écrasé ce lundi dans le Sud du pays. Les causes de l'accident sont encore inconnues. 

MM : Comment limiter le réchauffement climatique ? Les experts de 195 pays se penchent sur cette question depuis ce lundi et pour deux semaines. 

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MM : Kiev sous couvre-feu. Il a été imposé ce soir par les autorités ukrainiennes et durera jusqu'à mercredi matin.

AC : Une décision prise après le bombardement, la nuit dernière, d'un immense centre commercial dans le nord-ouest de la capitale. C'est la frappe la plus importante sur Kiev depuis le début de la guerre. Selon les autorités ukrainiennes, elle a fait au moins huit morts. Le ministère russe de la Défense a affirmé que le centre commercial servait de dépôt d'armes et de munitions. 

MM : La situation humanitaire à Marioupol est désespérée. 

AC : 350 000 personnes sont coincées à Marioupol, encerclée et bombardée par l'armée russe. Il n'y a plus d'électricité, d'eau ou de gaz. Les communications sont coupées. Le CICR, le comité international de la croix rouge, demande l'ouverture d'une route pour pouvoir acheminer de l’aide. Le directeur du comité international de la croix rouge se rendra cette semaine à Moscou pour rencontrer les Russes. Pour le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, « ce qui se passe à Marioupol est un crime de guerre majeur ».

MM : Dimanche, Moscou a demandé aux défenseurs de Marioupol de déposer les armes. 

AC : « L'Ukraine ne peut accepter aucun ultimatum de la Russie » a répondu le président ukrainien ce lundi. Volodymyr Zelensky a ajouté que tout « compromis » dans les négociations avec la Russie pour mettre fin à la guerre sera soumis à référendum en Ukraine : la population sera donc consultée. 

MM : Le conflit en Ukraine, c'est aussi la guerre de l'information. Les géants des réseaux sociaux Facebook et Instagram viennent d’être officiellement interdits en Russie, Anne.
 
AC : Une décision prise par la justice : un tribunal de Moscou a estimé que Facebook et Instagram menaient des activités extrémistes. Les autorités russes accusent ces réseaux sociaux d'avoir assoupli leur règlement pour permettre la publication de messages violents contre l'armée et les dirigeants russes. En Russie, seules les personnes qui disposaient d'un VPN, un réseau privé virtuel, c'est-à-dire une connexion sécurisée et masquée, pouvaient encore utiliser ces messageries. Correspondance à Moscou, Anissa el Jabri.

Comme les médias indépendants et comme Twitter, les deux réseaux sociaux étaient déjà bloqués depuis le début du mois. Seuls les titulaires d’un VPN pouvaient y accéder. À la mi-mars, le téléchargement de ces outils a d’ailleurs explosé en Russie, plus 2500%. Précision du parquet, dans la foulée de la décision, les titulaires de compte Facebook et Instagram, particulièrement populaires en Russie, pourront d’ailleurs continuer à y poster des messages, cela sans être poursuivis pour extrémisme. Le vrai changement, et il est majeur, de ce classement, est qu’il ne sera plus possible d’acheter de la publicité. Méthode de rémunération pour les influenceurs ou manière de se faire connaître pour les petits entrepreneurs ou les artistes. L’argent dépensé pour être vu sur ces plates-formes sera, avec cette décision, considéré comme du financement de l’extrémisme. 
Anissa el Jabri, Moscou, RFI.

MM : La guerre a aussi des répercussions, des conséquences, sur les prix des produits alimentaires dans le monde.

AC : Les cours de l'huile, du blé, du soja et du maïs ont atteint des prix records. L'Union européenne veut gonfler sa production de produits agricoles pour limiter les pénuries. En attendant et pour éviter que les clients paniquent et fassent des stocks de nourriture, des supermarchés limitent les achats. C'est le cas des magasins du groupe Colruyt en Belgique. Ils rationnent depuis vendredi les achats d'huile et de farine. À Bruxelles, reportage de Jean-Jacques Héry.

Dans le supermarché, la clientèle du samedi pousse et remplit peu à peu son caddie. Mais une fois arrivés au fond du magasin, là où sont vendue l'huile et la farine, les clients se retrouvent face à un écriteau inhabituel : « Huile et farine, maximum deux pièces par client » peut-on y lire. Dans le rayon, Fleur trouve cela désolant qu'on doive en arriver là. « Ça rend les gens un peu plus raisonnables. Les rayons sont vides parce que les gens sont un peu paranos, ils ont peur de tout. Ils sont en train de faire des stocks comme en temps de guerre. 5 paquets, 5 bouteilles. Ils pensent qu'à eux. » Reste que le rationnement ne suffit pas, car à l'emplacement réservé à la farine, il ne reste plus aucun sachet à vendre. C'est à peine mieux de l'autre côté du rayon, où seules quelques bouteilles d'huile subsistent encore. « Mais au moins, glisse un responsable, un plus grand nombre de clients ont pu en acheter. » Ces derniers jours, les chaînes de supermarché ont pourtant assuré qu'il n'y avait aucun problème d'approvisionnement, mais difficile de lutter contre la peur. Cette peur irrationnelle de la pénurie et de la hausse des prix, constate Yann. « Tout le monde se rue sur des produits de première nécessité qui finalement vont tous se retrouver à la poubelle dans 6 mois parce que personne ne les aura utilisés. La farine, on va la retrouver dans les poubelles dans un an parce qu’il y aura des vers, des mites dedans parce que personne n’aura fait de gâteau. » Yann qui a déjà fait son pari pour le prochain produit qui sera rationné chez Colruyt, « si je repense à ce qu'il s'est passé lors du confinement, dit-il, je table sur le papier toilette » lâche-t-il avec un sourire de dépit. Jean-Jacques Héry, Bruxelles, RFI.

MM : Un avion de la compagnie China Eastern Airlines s'est écrasé au sud-ouest de du pays ce lundi. 

AC : Il y avait 132 personnes à bord. Le président Chinois Xi Jinping se dit « sous le choc ». Nathanaël Vittrant.

Les données aériennes sont sans appel, vers 14 h 20 heure locale, le vol MU57-35 décroche et chute brutalement : en à peine 3 minutes, il perd 8000 mètres d'altitude et s'écrase dans les montagnes. Les pompiers sur place sont parvenus à éteindre l'incendie provoqué par le crash, mais la violence du choc ne laisse aucun espoir de retrouver des survivants. La compagnie aérienne, l'une des plus importantes du pays, a présenté ses condoléances aux familles. Ce nouvel accident assombrit un peu plus les perspectives de Boeing. En 2018 et 2019, deux appareils 737-MAX de l'avionneur américain s'étaient écrasés en Indonésie et en Éthiopie, poussant la Chine à les interdire de son espace aérien pendant 3 ans. Une interdiction qui venait à peine d’être levée en décembre dernier. Mais cette fois, il s'agirait d'un Boeing 737-800, le modèle qui précède le 737-MAX et qui n'est pas lui équipé des systèmes logiciels anti-décrocage à l'origine de ces deux accidents. Le drame est d'autant plus surprenant que les conditions météo sur la ligne de vol entre Kunming et Canton étaient favorables. Il faudra donc attendre l'analyse des boîtes noires pour en savoir plus. 

MM : 195 États ont commencé ce lundi l'examen d'un nouveau rapport du GIEC, groupe d'experts intergouvernemental sur le climat de l'ONU.

AC : Ce rapport fait le point sur les solutions contre le réchauffement, dans un monde qui dépend encore beaucoup d'énergies fossiles. Jeanne Richard.

Comment freiner le réchauffement de notre planète ? Alors que le monde a déjà gagné 1,1 degré depuis le début de l'ère industrielle. Comment limiter, ainsi, les conséquences de cette hausse des températures qui se font déjà durement sentir avec la multiplication des canicules, sècheresses, inondations et tempêtes ? Le rapport de milliers de pages rédigés par les chercheurs du monde entier répond à ces questions. Il est examiné à huis clos par les pays membres de l'ONU. Un résumé destiné aux décideurs doit être divulgué dans deux semaines. Il proposera des solutions pour transformer chaque grand secteur responsable du réchauffement climatique : énergie, transport, agriculture, industrie, bâtiments... Et sans aucun doute, notre trop grande consommation d'énergies fossiles va être pointée du doigt. Un problème qui prend une nouvelle dimension dans le contexte de la guerre en Ukraine, au moment où sont rebattues les cartes de la consommation d'énergie dans le monde. Ce lundi, Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU a d'ailleurs averti je cite que « l'addiction aux énergies fossiles nous conduit vers une destruction collective », mais il est encore temps d'agir pour éviter le pire estiment les experts.

MM : Pour la première fois, les Américains parlent de génocide pour évoquer la situation de la minorité Rohingya en Birmanie. 

AC : Ils disent avoir les preuves d'une volonté de « détruire » cette minorité musulmane en 2016 et 2017. 

Article publié le 21/03/2022

RFI - Radio France Internationale