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Infos en français facile : Édition du 15/03/2022 20h00

Transcription

GUERRE EN UKRAINE : les Premiers ministres polonais, tchèque et slovène sont arrivés ce soir à Kiev ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : Bienvenue dans le Journal en français facile.

Les Premiers ministres polonais, tchèque et slovène sont à Kiev, la capitale ukrainienne sous couvre-feu. Un geste de solidarité alors que la guerre se poursuit dans le pays. Les forces russes ont pris des petites villes dans le sud. Marioupol est toujours assiégée. 

Les habitants continuent de fuir le pays. Chaque seconde un enfant ukrainien devient réfugié. C’est ce que dit l'UNICEF. L'agence des Nations unies pour l'enfance estime que le pire est peut-être encore à venir.

Les négociations se poursuivent parallèlement aux combats. Ce mardi, une quatrième séance de discussions a eu lieu entre Russes et Ukrainiens. Sans résultat concret pour le moment.

Et puis c'est aujourd'hui le 11ᵉ anniversaire du début de la guerre en Syrie. Dans le nord-ouest du pays qui échappe au contrôle du gouvernement, les Syriens ont manifesté contre le pouvoir. Certains portaient des drapeaux ukrainiens. 

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AC : Les Premiers ministres polonais, tchèque et slovène sont arrivés ce soir à Kiev. Une manière d'affirmer « le soutien » de l'Union européenne à l'Ukraine. Les trois hommes doivent rencontrer le président ukrainien. Ce sont les premiers dirigeants étrangers à se rendre dans la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion russe.

Kiev qui a été placée sous couvre-feu ce soir. Les habitants n'ont plus le droit de sortir de chez eux jusqu'à jeudi matin. Une mesure prise pour limiter l'exposition des civils aux bombes russes. Les frappes sont de plus en plus fréquentes sur la ville. Elles ont fait cinq morts la nuit dernière selon les autorités locales. 

Moscou attaque désormais l'ensemble du pays. Au centre, les combats se rapprochent de Dnipro, une grande ville dont l'aéroport a été bombardé la nuit dernière. Dans le sud, l'armée russe s'est emparé de plusieurs petites villes sur les rives de la mer Noire et de la mer d'Azov. Toujours au sud, la ville de Marioupol est assiégée, encerclée par l'armée russe. Il n'y a plus d'électricité, ni d'eau courante. La nourriture, les médicaments commencent à manquer. Les autorités espèrent toujours que des bus vont pouvoir évacuer massivement les habitants. En attendant, plusieurs milliers de personnes ont pu quitter la ville par leurs propres moyens aujourd'hui. 
C'est ce que le conseiller du maire a expliqué par téléphone à Anne Cantener. On écoute Petro Andrushenko.

« La situation est la même qu'hier, nous sommes toujours sous les bombardements et les tirs d'artillerie, et bloqués par des troupes russes.
Mais nous avons une bonne nouvelle aujourd'hui : notre population a pu évacuer dans des voitures privées. À l'heure actuelle, plus de 2 000 voitures ont pu sortir de Marioupol et sont sur la route de Zaporijia, vers des zones contrôlées par l'armée ukrainienne. Les bombardements n'ont pas cessé, mais nous utilisons les quelques endroits, les districts et les routes, qui échappent aux tirs pour évacuer. Tous ceux qui le peuvent prennent leur voiture, emmènent avec eux leurs voisins, leurs amis, leur famille et essaient de sortir de Marioupol. »

AC : Le cap des trois millions de réfugiés a été atteint. Jamais un conflit n'avait déplacé autant de personnes en si peu temps depuis la Seconde Guerre mondiale, alerte aujourd'hui l'UNICEF. L'agence des Nations unies pour l'enfance affirme que toutes les secondes, un enfant ukrainien devient un réfugié. Et le pire est peut-être encore à venir. À Genève, Jérémie Lanche.

Le porte-parole de l'UNICEF James Elder a passé plusieurs jours dans la ville ukrainienne de Lviv, près de la frontière polonaise. L’hôpital croule déjà sous les blessés. Parmi eux, des enfants. Il y a quelques jours, une soixantaine sont ainsi arrivées depuis Kiev. Débordés, les médecins sont désormais obligés de trier les patients pour pouvoir en sauver le maximum : « un autocollant vert sur un enfant, ça veut dire qu'il est blessé, mais qu'il peut attendre. S'il est rouge, ça veut dire qu'il a besoin d’être pris en charge immédiatement. Et s'il est noir, ça veut dire qu'il est vivant, mais qu'on ne doit pas lui consacrer du temps parce qu'il va mourir quoi qu'il advienne. Voilà ce que les médecins ukrainiens doivent faire quand ils reçoivent des enfants blessés de Kiev ou de Kharkiv. » L'UNICEF s'inquiète aussi du nombre croissant de séparations de ces enfants avec leur famille et les risques lié au trafic d'êtres humains et d'exploitation sexuelle. Des scènes déjà vues dans d'autres conflits, notamment en Syrie. La Syrie, qui reste à ce jour, la plus grave crise de déplacés au monde. À un détail près : si 275 000 syriens ont fui leur pays pendant les 18 premiers mois de la guerre, il n'a fallu que 20 jours de conflit en Ukraine pour jeter près de 3 millions de personnes sur les routes de l'exil. Jérémie Lanche, Genève, RFI.

AC : La population civile, mais aussi la presse, victime de la guerre. Un cameraman de Fox News a été tué en Ukraine. La chaine de télévision américaine l'a annoncé ce mardi. C'est le quatrième journaliste tué en Ukraine depuis le début de l'invasion russe. 

Parallèlement aux combats, les négociations se poursuivent entre Russes et Ukrainiens. La quatrième séance de discussions depuis le début de la guerre a eu lieu ce mardi. Les précisions de Daniel Vallot.

Après trois rencontres en présentiel organisées à la frontière avec la Biélorussie, c’est désormais par visio-conférence que se déroulent les négociations. Mais les objectifs restent les mêmes côtés ukrainiens : obtenir un cessez-le-feu et le retrait des troupes russes. Malgré les combats et les bombardements, le fil du dialogue n’est donc pas rompu laissant ouverte la possibilité d’une solution négociée. Les déclarations de ces derniers jours sont d’ailleurs plutôt encourageantes, de part et d’autre on se félicite des progrès enregistrés depuis la fin de la semaine dernière. Ce mardi, le président ukrainien a même semblé faire une concession importante en déclarant qu’il fallait selon lui admettre que l’Ukraine ne rejoindrait jamais l’Otan. « Nous avons entendu pendant des années que les portes étaient ouvertes, mais nous avons aussi entendu que nous ne pourrions pas adhérer. C'est la vérité et il faut le reconnaître » a notamment affirmé l’ancien acteur devenu président. Cette concession pourrait ouvrir la voie à un règlement négocié dans la mesure où Vladimir Poutine a justifié en partie sa décision d’intervenir militairement en Ukraine par la crainte de voir le pays rejoindre l’Otan.

AC : L'alliance atlantique qui annonce un sommet extraordinaire à Bruxelles. Il est prévu le 24 mars. Joe Biden le président américain sera présent. 

La guerre en Ukraine qui résonne particulièrement en Syrie où la guerre a commencé il y a tout juste onze ans. Dans ce pays aussi, les bombardements russes ont fait beaucoup de victimes. En ce jour anniversaire de la révolte de la population contre le régime, des milliers de personnes sont descendus dans la rue. Des manifestations dans le nord-ouest, une zone qui échappe au contrôle du gouvernement. Correspondance de Paul Khalife.
 
L’anniversaire du début de la révolte contre le pouvoir syrien coïncide cette année avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie. La Russie, partie prenante de la guerre aux côtés de l’armée syrienne depuis 2015. C’est donc contre le régime syrien et contre Moscou que les manifestants ont laissé éclater leur colère. Dans la ville d’Idleb, contrôlée par des rebelles pro-turcs et des groupes jihadistes, 5 000 personnes ont scandé des slogans contre le président Bachar al-Assad et son allié Vladimir Poutine. Le nord-ouest de la Syrie, qui échappe au contrôle de Damas, est régulièrement la cible de raids de l’aviation russe, qui dispose d’une importante base aérienne dans la province côtière de Lattaquié. Des drapeaux ukrainiens ou des pancartes avec des messages exigeant une intervention contre le président russe étaient visibles dans la foule. Des manifestants ont exprimé leur solidarité avec l’Ukraine, estimant qu’ils menaient avec les Ukrainiens le même combat contre un ennemi commun. Dans les deux tiers de la Syrie contrôlée par les troupes gouvernementales, l’anniversaire du début de la révolte est passé inaperçu. Des portraits géants de Bachar al-Assad et de Vladimir Poutine se serrant la main ont été installés sur les places des grandes villes et sur les artères principales du pays. Paul Khalife, Beyrouth, RFI.

AC : Et selon l'observatoire syrien des droits de l'homme, la Russie a établi des listes de 40 000 combattants syriens, prêts à être déployés en Ukraine. Alliée du régime de Bachar al-Assad en Syrie, la Russie a annoncé le 11 mars que les volontaires, y compris ceux venant de Syrie, étaient les bienvenus pour combattre en Ukraine aux côtés de l'armée russe.

C’est la fin de ce Journal en français facile, merci de l’avoir écouté. Rendez-vous demain à la même heure pour une nouvelle édition de ce Journal en français facile.

Article publié le 15/03/2022

RFI - Radio France Internationale