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Infos en français facile : Édition du 14/03/2022 20h00

Transcription

GUERRE EN UKRAINE : Les bombardements s'étendent aux villes de l'ouest ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : Vous écoutez RFI. Il est 21 h à Paris. Bienvenue dans le Journal en français facile, présenté ce soir avec Sylvie Berruet, bonsoir.

Sylvie Berruet : Bonsoir Anne, tout le monde. Les bombardements s'étendent en Ukraine.
AC : Les villes de l'ouest du pays sont maintenant touchées. Moscou prévient que l'armée russe pourrait prendre le contrôle total des grandes villes déjà encerclées.

SB : « Un ouragan de famine menace le monde » prévient le patron de l'ONU.
AC : Antonio Guterres dit que la guerre en Ukraine risque de déstabiliser le réseau alimentaire mondial. Vous l'entendrez dans ce journal.

SB : Plus de 2,8 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe. 
AC : C'est le dernier décompte publié par les Nations unies. La Moldavie, petit pays voisin de l'Ukraine, demande de l'aide pour faire face au flot de réfugiés. 

SB : Et puis la Birmanie s'enfonce peu à peu dans la crise.
AC : Plus d'un an après le coup d'État militaire, les habitants de la capitale économique manquent d'eau et d’électricité.

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SB : Une nouvelle journée de bombardements en Ukraine.

AC : Kiev est toujours sous le feu de l'armée russe. Les combats sont de plus en plus intenses autour de la capitale. Un immeuble d'habitations et une usine ont été touché aujourd'hui par des bombes. Kharkiv, dans le nord-ouest du pays, continue aussi de subir des frappes aériennes. Les bombardements ont également touché une tour de télévision près de Rivne dans l'ouest du pays. Les autorités locales parlent de neuf morts. 

SB : Et les séparatistes russes eux accusent les Ukrainiens d'avoir bombardé Donetsk.

AC : Selon les autorités de cette république autoproclamée, une frappe de l'armée ukrainienne a visé le centre-ville et fait au moins 16 morts. Mais l'armée ukrainienne dément, réfute cette information. 

SB : Parallèlement aux combats, les négociations entre Kiev et le Kremlin se poursuivent.

AC : Des discussions ont eu lieu aujourd'hui, et une quatrième rencontre entre Russes et Ukrainiens est prévue ce mardi. Aucune avancée importante n'a eu lieu pour l'instant. Kiev réclame un cessez-le-feu, mais Moscou n'entend pas arrêter les combats. L’armée russe envisage de prendre « le contrôle total des grandes villes » ukrainiennes déjà encerclées. C'est ce qu'a déclaré le porte-parole du gouvernement russe, Dmitri Peskov.

« Au début de l'opération spéciale militaire, le président russe a effectivement donné l'ordre au ministère de la Défense de ne pas prendre d'assaut les grandes villes du pays, notamment la capitale Kiev. Malgré le fait, qu'il y ait des groupes nationalistes armés qui équipent des postes de tir, placent du matériel militaire lourd en plein dans des bâtiments habités. Ces actes de guerre dans des zones densement peuplés, inévitablement, vont conduire à de nombreuses morts chez les civils. Et l'opération spéciale militaire a été pensé en prenant en compte de ce genre de circonstance. Mais le ministère de la Défense, en assurant la sécurité maximale des populations civiles, n’exclut pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes qui sont déjà encerclées, sauf pour les zones actuellement utilisées comme couloir humanitaires pour les évacuations des civils. Il semble que les dirigeants des États-Unis et de l'Union européenne forcent la Russie à prendre d'assaut les grandes villes ukrainiennes afin de rendre notre pays responsable de la mort de civils. Nous pensons que ce positionnement est une provocation. »
 
AC : Dmitri Peskov, le porte-parole du gouvernement russe.

SB : « L'Ukraine est en feu » et « un ouragan de famines menace le monde ». C'est ce qu'a déclaré le patron des Nations unies cet après-midi.

AC : Antonio Guterres a annoncé que 40 millions de dollars supplémentaires allaient être débloqués pour répondre à la crise humanitaire en Ukraine. Il veut que cette somme permette de fournir de l’eau, des médicaments et de la nourriture aux Ukrainiens qui risquent la famine. Mais le secrétaire général a aussi été plus loin : « si le conflit ne se termine pas rapidement », a-t-il dit, « c’est le réseau alimentaire du monde entier qui va être déstabilisé, et de nombreux pays en développement seront touchés ». Selon le patron des Nations unies, cette crise alimentaire pourrait faire naitre de nouveaux conflits. On écouteAntonio Guterres.

« Alors que la guerre se développe en Ukraine, l’économie mondiale, et en particulier celle des pays en développement, ont une épée de Damoclès au-dessus d’elles. La Russie et l’Ukraine fournissent plus de la moitié des stocks mondiaux d’huile de tournesol et près de 30% du blé mondial. L’Ukraine a-t-elle-seule livre plus de la moitié du blé du Programme alimentaire mondial. Les prix des denrées alimentaires, ceux des carburants et des fertilisants montent en flèche. Les chaînes de distribution sont perturbées, et les coûts et délais de transport de biens quand ils sont disponibles, ont atteint des records. Tout ceci frappe les plus pauvres de plein fouet, et cela est germes d’instabilités politiques et de troubles autour du monde. Nous devons tout faire pour éviter une tornade de famines et la destruction du système alimentaire mondial. »

AC : Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies.

SB : Deux millions huit cent mille Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début de l'invasion russe.

AC : C'est le chiffre donné aujourd'hui par l’ONU. Il augmente chaque jour. De nombreux réfugiés sont arrivés en Moldavie. Les Ukrainiens représentent aujourd'hui 4% de la population de ce petit pays. La Moldavie a appelé les pays européens à l'aide, mais les Moldaves font preuve de solidarité pour leurs voisins ukrainiens. Écoutez le reportage de notre envoyée spéciale Oriane Verdier.

« "Chers Ukrainiens, nous sommes avec vous et nous vous offrons gratuitement du thé et du café", je suis ukrainienne moi ! » Malgré ce message écris sur fond bleu et jaune, Marina tient à payer pour son latte dans cette petite échoppe de Chisinau. Elle est arrivée il y a une semaine de Kiev. « J'ai appris aujourd'hui que dans les transports en commun, nous pouvions voyager gratuitement. C'est agréable de savoir que quelqu'un prend soin de nous. La Moldavie est un autre pays, mais nous avons été frères dans l’ancienne famille soviétique. Ma fille est gymnaste et ses nouveaux camarades partagent avec elle le matériel. Ils la soutiennent pour qu’elle ne désespère pas. On est reconnaissant à la Moldavie de nous avoir reçus comme ça. » Dans sa cabane de bois, Lucia, la vendeuse, acquiesce. « Nous offrons aux Ukrainiens du café et du thé gratuit. Parce qu’ils sont nos voisins et nous devons les aider. On ne sait jamais ce qui pourrait nous arriver. Nous pensons qu’il faut aider ceux qui sont dans le besoin. Sincèrement j’ai peur parce que chez, eux aussi, on leur disait que tout allait bien aller et un beau jour, ils se sont réveillés et rien n’allait plus. Donc je crois qu’il faut aider, vous ne savez jamais ce qui peut vous arriver. » Deux Ukrainiens sont également en formation pour servir le café dans une autre échoppe de la ville. Même si comme le reconnait Lucia, trouver un travail ici n'est pas chose facile même pour un Moldave. Oriane Verdier, Chisinau, RFI.

SB : De nouvelles sanctions contre les Russes. Elles ont été prises par l'Union européenne.

AC : Les 27 ont allongé la liste des personnalités visées par ces mesures punitives. Le milliardaire Roman Abramovitch, propriétaire du club anglais de football de Chelsea, n'a plus le droit d'entrer sur le territoire de l'Union, ses biens pourront être saisis. 

SB : Dans l’actualité aussi, la Birmanie, la situation est de plus en plus difficile. Depuis le coup d'État militaire en février l'an dernier, les Birmans étaient déjà confrontés à des violences, à une importante hausse des prix.

AC : Ils subissent maintenant des coupures d'électricité tous les jours. Et l'eau courante manque aussi à Rangoon, la capitale économique du pays. Jelena Tomic.

Depuis plusieurs jours, de longues files d'attentes se forment dans les rues de certains quartiers de Rangoun. Sous une chaleur écrasante, les températures dépassent régulièrement les 38 degrés, des dizaines d'habitants patientent devant un camion-citerne pour remplir des seaux et des bidons. Les bénévoles chargés de distribuer l'eau dénonce une situation bien pire que d'habitude. En raison d'un réseau vieillissant et d'une demande qui dépasse régulièrement l'offre pendant les mois d'été, les coupures d'électricité sont courantes en Birmanie. Mais leurs fréquences aujourd’hui, parfois pendant plus de 8 heures, empêche les stations de pompage de fonctionner normalement et entraîne des pénuries d'eau. Ces derniers jours, les pannes de courant plongent régulièrement la population dans le noir. En signe de protestation, des dizaines de milliers de fonctionnaires ont cessé le travail, laissant écoles, hôpitaux et administrations vides. La junte a annoncé des perturbations importantes de l'alimentation en électricité jusqu'à la fin de la semaine, mais rejette toute responsabilité dans ces dysfonctionnements. Pour le régime militaire, cette situation de plus en plus chaotique est la conséquence de la hausse du prix du gaz en raison de la guerre en Ukraine et des attaques menées par les opposants contre les infrastructures du pays.

AC : C’était Jelena Tomic. Il est bientôt 21 h 10 à Paris, c’est la fin de ce Journal en français facile. Rendez-vous demain même heure sur RFI.

Article publié le 14/03/2022

RFI - Radio France Internationale