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Infos en français facile : Édition du 09/03/2022 20h00

Transcription

GUERRE EN UKRAINE : un hôpital a été bombardé à Marioupol; et autres nouvelles.

Anne Corpet : Bienvenue dans le Journal en français facile.

Le conflit se durcit en Ukraine : un hôpital a été bombardé à Marioupol dans le sud-est. Et les troupes russes se rapprochent de la capitale. Elles sont à moins de 15 kilomètres de Kiev. 

Le président ukrainien appelle les occidentaux à trouver rapidement une solution pour lui livrer les avions de guerre que propose la Pologne. Varsovie voulait mettre ces avions à la disposition des États-Unis pour ensuite les livrer à Kiev, mais Washington a rejeté cette proposition.

La Grande-Bretagne appelle les pays du G7 à suspendre leurs importations de gaz et de pétrole russe. Londres et Washington ont déjà pris cette décision. Ils veulent couper les revenus de Moscou et gêner l'effort de guerre russe. 

Les manifestations contre la guerre se poursuivent en Russie malgré une sévère répression. Plus de 13 000 personnes ont été arrêtées dans le pays depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. 

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AC : L'hôpital pour enfants de la ville de Marioupol dans le sud-est de l'Ukraine a été bombardé ce mercredi. L'attaque a fait dix-sept blessés, dont des femmes en train d'accoucher et du personnel soignant. Aucun enfant n'a été touché. Les autorités de Marioupol parlent de dégâts considérables sur cet hôpital. Aux États-Unis, la Maison Blanche a dénoncé l'usage « barbare » de la force. La situation est particulièrement difficile dans cette ville : environ 300 000 civils y sont coincés depuis des jours par les combats. Ils sont privés d'eau et d'électricité, l'aide humanitaire n'a pas pu arriver et la nourriture commence à manquer. 

Les combats se poursuivent aussi ailleurs dans le pays. Les troupes russes s'avancent vers la capitale. Les colonnes de chars ne sont plus qu'à quinze kilomètres de Kiev. Dans la ville, les habitants se préparent à une attaque. Beaucoup ont trouvé refuge sous terre et les rues sont presque désertes. Écoutez la correspondance de notre envoyé spécial sur place Pierre Olivier. Il est accompagné parBertrand Haeckler. 

Nous nous sommes rendus dans la matinée avec Bertrand Haeckler dans le métro de Kiev, à la station Krechtatik, juste à côté de la place Maïdan. À l'intérieur, caché à 100 m de profondeur, des gens se sont réfugiés et dorment depuis le début de la guerre dans des rames de métro stationnées devant les quais, des volontaires leur apportent des repas chauds, 3 fois par jour. Il faut dire que la plupart de ces personnes réfugiées dans le métro sont assez pauvres, beaucoup de retraités aussi, qui n'ont pas d'autres endroits où aller. Les stations du centre-ville sont toutes gardées par des hommes en armes qui contrôlent les allées et venues. Dans les rues de Kiev à présent, la circulation automobile est devenue presque inexistante. Sur les trottoirs, on voit çà et là de petits attroupements devant les supermarchés et les pharmacies. Comme beaucoup d'habitants, ont fui la ville, eh bien, les commerces fonctionnent en effectifs réduits et laissent donc entrer les clients au compte-gouttes. Mais d'une manière générale, on sent lorsque l'on parle avec les habitants, une détermination sans faille face aux Russes. Pierre Olivier, Bertrand Haeckler, Kiev, RFI. 

AC : Pour faire face aux attaques russes, l'Ukraine manque de moyens aériens. « Envoyez-nous des avions ! » a imploré aujourd'hui le président ukrainien. Dans une vidéo postée sur sa chaine telegram, Volodymyr Zelensky appelle les occidentaux à agir immédiatement pour traiter la proposition de la Pologne. Ce pays est d'accord pour fournir ses avions MIG29. Varsovie proposait de laisser ses appareils sur une base américaine en Allemagne. La Pologne ne veut pas les livrer directement à l'Ukraine pour ne pas s'exposer aux représailles russes. Mais les États-Unis ont dit qu'ils ne souhaitaient pas non plus être directement impliqués. La situation est donc bloquée pour l'instant et le président ukrainien s'impatiente. Les précisions de Jelena Tomic.

Comment porter assistance militairement à l'Ukraine, en particulier en lui fournissant des avions de combats russes, les seuls que les pilotes ukrainiens peuvent manier sans formation préalable, sans impliquer directement l'OTAN dans la guerre ? Là est le nœud du problème et la raison pour laquelle aucun pays ne veut agir seul, ni livrer directement des équipements à Kiev pour éviter les représailles russes et l'élargissement du conflit en dehors des frontières ukrainiennes. Le Kremlin a d'ailleurs immédiatement réagi à la proposition polonaise, qualifiant l'offre de transfert de ses avions aux Américains comme un scénario, je cite, « très indésirables et potentiellement dangereux ». Pour sortir de l'imbroglio, la vice-présidente américaine Kamala Harris aura des entretiens demain à Varsovie pour tenter de trouver une issue à la crise, de résoudre les difficultés logistiques et de répondre aux multiples appels à l'aide du président ukrainien pour sécuriser son espace aérien. Pour mener à bien ce transfert, Washington avait proposé aux polonais de remplacer leurs MIG par des avions d'occasions américains, aux mêmes capacités opérationnelles. Mais les responsables américains ne s'attendaient pas à ce que la flotte d'avions de combats polonais soient mis à la disposition des États-Unis. Une proposition jugée « non viable » par le Pentagone.

AC : La Grande-Bretagne demande aux pays membres du G7 de suspendre les importations de gaz et de pétrole russe. Londres et Washington ont annoncé hier l'arrêt de ces importations. Il s'agit de priver Moscou de revenus essentiels, pour assécher le financement de la guerre en Ukraine. Mais le pas sera difficile à franchir pour l’Union européenne. 40% du gaz consommé en Europe vient de Russie. Plutôt qu'un embargo total, la commission européenne propose de baisser ces approvisionnements de deux tiers d'ici la fin de l'année. Le vieux continent va donc devoir se tourner vers de nouveaux fournisseurs de gaz. Les explications de Patrice Geoffron, professeur d'Économie à Paris Dauphine. Il répondait aux questions d'Ariane Gaffuri.

Le plan qui est mis en œuvre repose sur différents socles, donc premièrement, la diversification des sources de gaz en s’approvisionnant déjà avec du gaz qui ne viennent pas de Russie naturellement. Donc il y a des marges de manœuvre, un peu, pas beaucoup. En provenance d'Algérie, il y a également quelques marges de manœuvre, mais qui sont d'ores et déjà assez largement exploitées en provenance de Norvège. Et puis il peut y en avoir d'un peu plus loin en provenance Azerbaïdjan par exemple. Pour ce qui est du gaz qui arrive par tuyau. Et puis le GNL est bien, il peut arriver de tas d'endroits au monde puisque finalement il n’est pas contraint par le parcours de tuyau, donc il y en a plus d'or et déjà qui arrivent des États-Unis qui sont un producteur important. Désormais il y en aura plus probablement également du Qatar. Et puis on a vu également des mesures de soutien qui sont des mesures de solidarité, par exemple en provenance du Japon. Alors le Japon ne produit pas de gaz, mais le Japon a accepté que des méthaniers qui lui étaient destinés se détourne et viennent en quelque sorte au secours de l'Europe.

AC : Le sujet de l'indépendance énergétique de l'Europe sera abordé lors d'un sommet européen qui doit se tenir ces jeudi et vendredi à Versailles en France. Ce sera le premier sommet européen depuis le début de l'invasion russe en Ukraine.

En Russie, la répression des manifestations anti-guerre se poursuit. Toute personne qui participe à un rassemblement contre l’offensive russe en Ukraine peut se retrouver en prison. Plus de 13 000 personnes ont ainsi été arrêtées par la police depuis le déclenchement de la guerre le 24 février dernier. Mais des centaines de Russes continuent de protester chaque jour contre l'offensive. Les précisions deDaniel Vallot.

Selon l’ONG russe OVD Info, les manifestations sont quotidiennes et se déroulent dans les grandes villes du pays, comme à Moscou et Saint-Pétersbourg, mais aussi dans des localités moins importantes et plus reculées. Depuis que la guerre a débuté le 24 février dernier, les Russes qui s’y opposent continuent de descendre dans la rue, et ce, malgré le risque d’arrestation. Maria Kuznetzova est la porte-parole d’OVD Info : « Ils peuvent être arrêté et détenu jusqu’à trente jours juste pour avoir participé à la manifestation, c’est une peine du code administratif. Mais il y a beaucoup de poursuites criminelles qui sont engagées, nous en avons dénombré 29 jusqu’à présent. Certains sont poursuivis pour « extrémisme » parce qu’Alexeï Navalny a lancé un appel à manifester et son organisation a été qualifiée d’extrémiste par la justice. Juste pour cela, ils encourent jusqu’à six années de prison. En réalité, la Russie est devenue tellement autoritaire qu’ils peuvent utiliser n’importe quel prétexte. » Un nouvel article du code administratif permet aux forces de sécurité d’interpeller toute personne ayant participé à une action « discréditant les forces armées ».  Une première condamnation est passible d’une simple amende, mais en cas de récidive, c'est une peine de prison de plusieurs années qui peut être prononcée. Et le simple fait de porter une pancarte où est inscrit le mot « guerre » est suffisant pour enclencher les poursuites. 

AC : Un reportage de Daniel Vallot. C’est la fin de ce Journal en français facile.

Article publié le 09/03/2022

RFI - Radio France Internationale