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Infos en français facile : Édition du 05/03/2022 20h00

Transcription

RUSSIE/ISRAËL : Vladimir Poutine a reçu le Premier ministre israélien Naftali Bennett au Kremlin ; et autres nouvelles.

Clémentine Pawlotsky : Merci d'écouter RFI. Il est 20h en temps universel, 21h00 à Paris. Bonsoir à tous, bienvenue dans votre Journal en français facile présenté ce soir avec Sylvie Berruet. Bonsoir Sylvie. 

Sylvie Berruet : Bonsoir Clémentine, bonsoir à tous. 

CP : À la une le Premier ministre israélien, qui lance une médiation entre la Russie et l'Ukraine, NaftaliBennett était aujourd'hui à Moscou. Il a été reçu au Kremlin par le président Vladimir Poutine. 

SB : Nous serons également à Kiev, la capitale de l'Ukraine, une ville fantôme en état de siège, nous dira notre envoyé spécial Pierre Olivier. 

CP : Dans ce journal également, la tournée en Europe du chef de la diplomatie américaine. AntonyBlinken était aujourd'hui en Pologne. Il s'est rendu à la frontière avec l'Ukraine. Une zone où des milliers de personnes fuyant la guerre arrivent chaque jour. 

SB : Et puis en Europe, le mouvement de solidarité se poursuit. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans plusieurs grandes villes des rassemblements pour dire non à la guerre. 

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SB : Le président russe Vladimir Poutine a reçu le Premier ministre israélien Naftali Bennett au Kremlin. 

CP : Oui, c'est la première visite d'un responsable politique étranger en Russie depuis le 24 février, date de l'invasion russe en Ukraine. Il y a seulement eu la visite, le 25 du Premier ministre du Pakistan, mais ce déplacement était prévu de longue date. Israël est un pays qui entretient de bonnes relations avec la Russie comme avec l'Ukraine Sami Boukhelifa, vous êtes en direct de Jérusalem, Bonsoir Sami. 

Sami Boukhelifa : Bonsoir à tous.  

CP : Alors l'État hébreu a décidé, Sami Boukhelifa, de lancer une médiation entre Moscou et Kiev.

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett tente effectivement d'incarner ce rôle. D'ordinaire, ce juif religieux ne conduit aucune affaire officielle durant Chabat samedi, jours de repos dans le judaïsme. Mais face aux circonstances exceptionnelles, le Premier ministre israélien s'est envolé vers Moscou, où il s'est entretenu avec le président russe Vladimir Poutine. Malgré la solide alliance avec les États-Unis et le positionnement israélien dans le camp occidental,Naftali Bennett a refusé jusque-là de condamner l'agression russe contre l'Ukraine, une position purement pragmatique. Israël a besoin de la Russie pour garantir sa sécurité au Moyen-Orient. Dès les premiers jours du conflit, c'est à la demande du président ukrainien Volodymyr Zelensky que Naftali Bennett a tenté d'ouvrir un canal de négociations entre Kiev et Moscou. Mais ce dialogue a été sèchement rejeté par Vladimir Poutine selon la presse israélienne. Cette fois-ci, cette nouvelle tentative diplomatique a été coordonnée avec Washington. Naftali Bennett a également parlé au président ukrainien avant de prendre la direction de la Russie. 

CP : Merci beaucoup. Sami Boukhelifa, envoyé spécial permanent de RFI à Jérusalem. 

SB : Et pendant ce temps, en Ukraine, les forces russes poursuivent leur avancée. 

Cp : Aujourd'hui, l'armée russe a à nouveau attaqué le port stratégique de Marioupol, dans le sud-est du pays. D'intenses combats ont également eu lieu autour de la capitale Kiev. La ville est d'ailleurs en état de siège. Explication de notre envoyé spécial Pierre Olivier. 

C'est au nord de la capitale que les taux se resserrent et que les forces russes s'approchent pour tenter d'encercler Kiev. Elles sont à une vingtaine de kilomètres du centre de la ville. Une progression pour l'instant toujours freinée par l'armée ukrainienne qui communique, vidéos à l'appui, sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui encore, en abattant un hélicoptère russe au milieu d'un champ, on voit l'appareil en feu s'écraser au sol dans une boule de feu. Voilà pour ce qui se passe à l'extérieur de Kiev. À l’intérieur, maintenant la ville se barricade. Dans les faubourgs, les checkpoints tenus par des miliciens en armes, mais aussi par l'armée ukrainienne sont légion et ralentissent fortement la circulation automobile, créant des embouteillages gigantesques autour de la capitale. Plus on se rapproche du centre, plus les rues se vident, c’est l’atmosphère d'une ville fantôme qui règne à l'intérieur de Kiev. Les quelques tramways hors d'âge qui roulent encore sont vides. Partout, des magasins au store baissé et des rues absolument désertes. Il faut dire que beaucoup d'habitants de Kiev ont fui la ville dès les premiers jours de la guerre et ceux qui restent sont barricadés chez eux. Dans les rues du centre, toujours des chars ukrainiens sont bien visibles et bloquent certains accès. Un peu partout, des barricades faites de blocs de béton, de pneus empilés, de grillages verrouillent entièrement certains quartiers. La place Maïdan et l'avenue qui la dessert d'habitude grouillante de monde, sont entièrement vide, y compris en fin d'après-midi, avant que le couvre-feu ne commence à 20h. Kiev est véritablement en état de siège et la question ici n'est plus de savoir si le siège de la ville aura lieu, mais quand il aura lieu. Bertrand Éclair, Pierre Olivier, Kiev, RFI. 

SB : Et c'est dans ce contexte que le chef de la diplomatie américaine poursuit sa tournée en Europe. 

CP : Après la Belgique, Antony Blinken était aujourd'hui en Pologne, un pays voisin de l'Ukraine. Une visite pour montrer l'unité des alliés occidentaux face à la Russie. La Pologne n'a d'ailleurs pas été choisie par hasard. Le pays a déjà accueilli 780 000 personnes fuyant la guerre en Ukraine. Le chef de la diplomatie américaine s'est rendu à la frontière entre la Pologne et l'Ukraine. Il a salué l'accueil réservé aux Ukrainiens par les autorités de Varsovie. Sarah Bakaloglou. 

La coopération entre l'OTAN et la Pologne est plus importante que jamais, a souligné Anthony Blinken ce samedi, après sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Zbigniew Rau. Un entretien pendant lequel la question du renforcement de la présence militaire américaine en Pologne a été abordée où 10 000 soldats sont déjà présents. La question de l'accueil des réfugiés a aussi bien sûr été au menu des discussions. La Pologne fait un travail vital en réponse à cette crise, a jugé Antony Blinken. Zbigniew Rau à lui, souligné que l'invasion russe en Ukraine créé une crise humanitaire d'une ampleur imaginable et à rappeler que tous ceux qui fuient la guerre sans distinction de nationalité, seraient accueillis par la Pologne. Un peu plus tôt, c'est avec Mateusz Morawiecki, le Premier ministre polonais, que Anthony Blinken s'est entretenu. L'occasion pour Varsovie de pousser une nouvelle fois pour des sanctions plus sévères, notamment dans le domaine de l'énergie. La Russie dépense en grande partie l'argent reçu par la vente de ces matières premières dans son armée, a affirmé Mateusz Morawiecki. Récemment, la Pologne avait dit être prête à mettre en place un embargo sur le charbon russe. Seuls les coups décisifs et fort résultant des sanctions seront ressentis par la Russie, a ajouté Mateusz Morawiecki. Sarah Bakaloglou, Varsovie, RFI. 

CP : Et on apprend ce soir qu'un avion russe est en route vers les États-Unis. Il doit récupérer 12 diplomates expulsés de la mission de la Russie à l'ONU ainsi que leur famille. Washington accuse ces diplomates d'espionnage. 

SB : Dans les grandes villes d'Europe, nouvelle journée de mobilisation contre cette guerre en Ukraine. 

CP : Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté aujourd'hui du Royaume-Uni à l'Italie, en passant par l'Allemagne et la France. Rien qu'en France, ils étaient plus de 40 000 manifestants à soutenir l'Ukraine. Plusieurs personnalités politiques étaient également présentes dans le cortège à Paris. Parmi elles, Yannick Jadot et Anne Hidalgo, 2 candidats à la présidentielle d'avril qui tente d'exister dans une campagne écrasée par ce conflit. Le reportage d'Anthony Lattier. 

Comme samedi dernier, le candidat écologiste Yannick Jadot est venu manifester. Une façon pour lui d'envoyer un message de soutien au peuple ukrainien. « Les Ukrainiennes et les Ukrainiens regardent beaucoup la télé. Ils sont beaucoup sur internet et tous les gestes de solidarité, toutes les mobilisations sont essentielles. » À quelques mètres de là, la candidate socialiste Anne Hidalgo, au plus bas dans les sondages, elle continue de s'en prendre aux positions de Jean-Luc Mélenchon sur Vladimir Poutine pour tenter de refaire son retard. « Celles et ceux qui n'ont pas vu qu'il y avait dans les dessins de Vladimir Poutine une volonté de nuire à l'Europe. Eh bien, il faut très très clairement, bien sûr, que les choses soient clarifiées, mais je crois que dans la tête de nos concitoyens, les choses sont très claires ». La gauche, fracturée par cette offensive russe, le député insoumis Éric Coquerel dénonce les attaques de la socialiste. Ce proche de Jean-Luc Mélenchon souhaiterait une forme d'unité dans cette période. « C'est un moment où on pense qu'il faut avoir de la retenue, y compris dans les critiques qu'on peut adresser à la politique du candidat Macron. Alors je dis ça parce qu'on est aussi en campagne. » Une campagne électorale rendue de plus en plus difficile à mener pour les candidats et les candidates au vu de la situation internationale. 

SB : Plusieurs médias étrangers suspendent leurs activités en Russie. 

CP : Oui, c'est le cas de la BBC ou encore de CNN. Hier, le Parlement russe a adopté une loi prévoyant de lourdes peines de prison pour toute information considérée comme mensongère sur l'invasion de l'Ukraine. Avec cette loi, les journalistes risquent jusqu'à 15 ans de prison. 

SB : Et de son côté, le groupe français Radio France ne sait pas encore s'il va suspendre ses correspondants en Russie. 

CP : Oui, nous vous disions plus tôt dans la soirée que c'était le cas. Finalement, il s'agit d'une erreur de communication du groupe à nos confrères de l'Agence France Presse. Radio France affirme attendre une expertise juridique pour se prononcer. La décision devrait être prise dans les prochains jours. 

Article publié le 05/03/2022

RFI - Radio France Internationale