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Infos en français facile : Édition du 04/03/2022 20h00

Transcription

CHINE : les athlètes ukrainiens ont été ovationnés à l'ouverture des Jeux paralympiques de Pékin ; et autres nouvelles.

Adrien Delgrange : Bonsoir à toutes et à tous à l’écoute de RFI. Il est 20h en temps universel, 21h à Paris, l’heure de votre Journal en français facile. Avec Sylvie Berruet, bonsoir.

Sylvie Berruet : Bonsoir Adrien, bonsoir à tous.

AD : 4 mars, au sommaire de cette édition…
 
SB : C'est dans un contexte de guerre que les Jeux paralympiques de Pékin ont commencé aujourd’hui, les athlètes ukrainiens ont été ovationnés, applaudis chaleureusement par le public. 
 
AD : Au 9e jour de la guerre en Ukraine, l'armée russe occupe une importante centrale nucléaire, après l'avoir bombardé dans la nuit.  Le président Zelensky, lui, demande à l'OTAN d'interdire à l'armée russe de survoler le territoire ukrainien.
 
SB : Autre actualité dans le monde :  un attentat au Pakistan, au moins 56 morts dans une mosquée de Peshawar. Enfin à Cuba, après 5 ans de fermeture, le consulat américain rouvre ses portes à la Havane. 
 
AD : Voilà pour les titres, bienvenus à tous.
 
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SB : En l’absence de la Russie, les Jeux paralympiques d’hiver sont ouverts.
 
AD : La Russie exclue de ces JO en raison de l’invasion en Ukraine. La cérémonie d’ouverture a eu lieu tout à l’heure à Pékin. Alors si les athlètes russes n'étaient pas présents, les sportifs ukrainiens étaient bien là. Ils ont voulu maintenir leur participation, afin, disent-ils, d’utiliser le sport comme vecteur de paix. À Pékin, pour RFI, Stéphane Lagarde.
 
[…] Il y a un mois, les athlètes russes défilaient à Pékin sous les applaudissements de Vladimir Poutine. Ce soir c’est la délégation au couleurs bleu jaune qui est applaudie par les invités en tribune. Sous la menace d’un boycott des autres équipes, les Russes et Biélorusses n’ont finalement pas été autorisés à participer aux compétitions. Au moment de faire son discours, le président du comité paralympique international se déclare « horrifié par ce qui se passe dans le monde en ce moment ». Les téléspectateurs de la télévision centrale de Chine n’entendront pas la suite. Problème de micro ? Non, problème de censure qui coupe la retransmission. « La trêve olympique pendant les Jeux olympiques et paralympiques a été adoptée par une résolution de l’ONU rappelle Andrew Parsons. Elle doit être observée et respectée, et en aucun cas violée » sous-entendu comme la fait la Russie. Cachez-moi cette invasion que l’opinion chinoise ne saurait voir ! Depuis le début du conflit, les médias d’État reprennent ici la terminologie de Moscou, pas de guerre mais une « opération militaire spéciale » en Europe orientale, dont on devrait revoir souvent les athlètes ces prochains jours. L’Ukraine a terminé dans les 6 premiers au tableau des médailles des derniers jeux paralympiques d’hiver. Stéphane Lagarde, Pékin, RFI.   
 
SB : Et pendant ce temps-là, la guerre continue, les combats se poursuivent en Ukraine. 
 
AD : Aujourd’hui au nord de Kiev, la capitale, les frappes russes ont fait selon un nouveau bilan 47 morts dans une zone résidentielle, selon les Ukrainiens. La peur ce matin est venue de la plus grande centrale nucléaire d'Europe, l'armée russe a bombardé la centrale ukrainienne de Zaporojia faisant craindre une catastrophe nucléaire. « Il n'y a pour l'instant pas de fuites radioactives » d'après le gendarme du nucléaire, l’AIEA.
 
SB : Et dans les airs, le président ukrainien réclame que l'OTAN, l'Alliance transatlantique, mette en place une zone d'exclusion aérienne au-dessus de l'Ukraine.  
 
AD : Une mesure, Sylvie, destinée à interdire le survol du territoire par les avions russes. Mais cette demande, Stefanie Schüler, a encore une fois été rejetée par les membres de l'OTAN.
 
« Agissez maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. Ne laissez pas Poutine transformer l'Ukraine en Syrie », s'exclame ce vendredi le ministre ukrainien des Affaires étrangères. Dmyto Kouleba, qui s'est adressé à ses homologues durant une réunion des pays membres de l'OTAN à Bruxelles. La question de créer une zone d'exclusion aérienne en Ukraine a ensuite bien été évoquée. Mais l'Alliance transatlantique maintient la ligne qui a été la sienne depuis le début de la guerre : l'OTAN est une alliance défensive, comme le réexplique dans l'après-midi son secrétaire général Jens Stoltenberg. « Les alliés ont convenus que nous ne devrions pas avoir d'avions de l'OTAN qui opèrent dans l'espace aérien ukrainien, ni de troupes de l'OTAN sur le sol ukrainien. Nous ne faisons pas partie de ce conflit. Et nous avons la responsabilité de garantir qu'il ne dégénère pas et ne s'étend pas au-delà de l'Ukraine. Parce que cela serait encore plus dévastateur et plus dangereux ». La seule façon de mettre en place une zone d'exclusion aérienne serait en effet d'envoyer des avions de chasse de l'OTAN dans l'espace aérien de l'Ukraine, puis d'abattre des avions russes pour la faire respecter.  
 
SB : La guerre aussi de l'information. Le président russe a signé aujourd’hui une loi pour toute personne publiant des « informations mensongères » sur l'armée. 
 
AD : Les peines encourues peuvent aller jusqu'à 15 ans de prison. Cette loi s’applique à la population en général, et non aux seuls professionnels de l'information.  Et puis ce soir impossible en Russie de se connecter au réseau social américain Facebook. Sur ordre du Kremlin Facebook est bloqué dans tout le pays.
 
SB :Et sur le plan économique, les départs d'entreprises présentes en Russie continuent.  
 
AD : Le géant américain de l'informatique Microsoft a annoncé vendredi suspendre les « nouvelles ventes » de ses produits et services en Russie. Microsoft rejoint la longue liste des entreprises se désengageant du pays après l'invasion russe de l'Ukraine.  
 
SB : Pour les consommateurs chaque jour une nouvelle enseigne suspend ses ventes. Reportage à Moscou, Anissa el Jabri.
 
Une grande enseigne de sport américaine dans un centre commercial. Vente en ligne, suspendue, boutiques toujours ouvertes et une cliente au flegme très russe. « Nous le peuple on ne peut pas influencer la situation. Alors à quoi bon s'inquiéter si on ne peut rien faire ? Moi, ma règle c’est que si tu ne peux rien changer, pas la peine de t’inquiéter. Et si tu peux changer les choses, fais-le, et ne t’inquiète pas non plus ». À l’autre bout du centre-ville, une enseigne suédoise de vêtement et de décoration qui a annoncé la veille la suspension de ses activités. Boutique dans le noir, porte close, pas d’explication sur la porte et un passant au regard morne. « Cette décision a à voir avec ce qui se passe en Ukraine. Ce sont des sanctions, donc il n’y a rien à faire ». Quelques minutes plus tard, une passante Iphone à la main, qui elle aussi soupèse chacun de ses mots. « Malheureusement, personne ne sait avec certitude. Peut-être est-ce que c’est la situation de nature militaire. C'est ma supposition, mais ce qui est lié à cela, les jeux politiques, je ne peux pas en parler avec certitude. Mais en tout cas je n'aime vraiment pas ça. Beaucoup de magasins vont me manquer, pas seulement celui-ci. Les magasins d'équipements sportifs ferment, les magasins de téléphonie ferment. Je ne suis pas heureux. » En face du magasin sur cette place connue de la capitale, deux policiers de la brigade dédiée au tourisme désœuvrés. Anissa el Jabri, Moscou, RFI. 
 
SB : Et l'actualité internationale, Adrien, marquée aussi par un attentat Pakistan.

AD : Au moins 56 personnes ont été tuées et 194 blessées dans un attentat-suicide. L'attaque a eu lieu lors de la prière du vendredi dans une mosquée chiite de Peshawar, nous sommes au nord-ouest du Pakistan. Le Pakistan n'avait plus connu d'attaque aussi meurtrière depuis 4 ans. Il y a quelques instants, le groupe État islamique revendique cette attaque.
  
SB : Et puis le Covid avec les dernières évolutions de la pandémie dans le monde. 
 
AD : D’abord à Hong Kong, où le fonctionnement des services judiciaires est suspendu pour un mois face au nombre important de contaminations, au moins 50 000 par jour. Et puis en Europe, la Belgique décide d'abandonner le passe sanitaire et le port du masque dans les espaces publics à partir de lundi prochain.
 
  SB : Et puis l'actualité nous emmène à Cuba.
 
AD : Exactement, où le consulat des États-Unis va à nouveau délivrer des visas, des papiers officiels pour les migrants. C’est ce qu’a annoncé ce jeudi le chargé d’affaires de l’ambassade.  Le bâtiment américain était fermé depuis 5 ans. Christophe Paget. 

La délivrance de visas va reprendre de manière limitée et progressive, a annoncé Timothy Zuniga-Brown, sans donner de dates. Elle doit s’accompagner de l’augmentation du nombre de diplomates américains présents sur l’île. L’annonce survient alors que Cuba traverse sa pire crise économique depuis trente ans, sous les effets conjugués de la pandémie de Covid et des sanctions américaines. Beaucoup de Cubains tentent de quitter l’île à tout prix, en passant principalement par l'Amérique centrale pour rejoindre les États-Unis. Ces tentatives avaient été compliquées par la fermeture en 2017 de l’ambassade américaine, suite à de mystérieuses « attaques soniques » qui avaient rendu malades une trentaine de diplomates à La Havane. Compliqué aussi par un net refroidissement des relations entre Cuba et les États-Unis après l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Depuis la fermeture de l’ambassade, les Cubains doivent passer, à leurs frais, par un pays tiers comme la Colombie ou la Guyane. Timothy Zuniga-Brown, en annonçant la reprise de la délivrance des visas, a vanté « une voie sûre et légale pour la réunification des familles séparées entre Cuba et les États-Unis ». Selon le quotidien et organe du gouvernement cubain Granma, Washington a renvoyé l'an dernier dans leur pays plus de 1000 cubains qui avaient tenté de rentrer sur le territoire américain sans visa.  

SB : Et en bref, le marathon.
 
AD : Avec le Kényan Eliud Kipchoge, légende de la course à pied, il s'attaque ce dimanche pour la première fois au marathon de Tokyo, sept mois après avoir conquis un deuxième titre de champion olympique sur cette distance reine, 42 km 195 mètres. 
Ainsi ce referme ce Journal en français facile, merci Sylvie. 

SB : Merci à vous Adrien Delgrange. 

AD : A bientôt. 

Article publié le 04/03/2022

RFI - Radio France Internationale