Cliquez sur le logo pour apprendre le français

[Télécharger le journal]

Infos en français facile : Édition du 02/03/2022 20h00

Transcription

GUERRE EN UKRAINE : un cessez-le-feu au menu des discussions entre Russes et Ukrainiens ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : Vous écoutez RFI, il est 21h à Paris, 23h à Moscou. Bienvenue dans le Journal en français facile présenté ce soir avec Victor Mauriat. Bonsoir.
Victor Mauriat : Bonsoir Anne, Bonsoir à toutes et à tous.

AC : Le Président français s'est adressé ce soir à la nation pour évoquer la guerre en Ukraine.
VM : Emmanuel Macron a déclaré que ce conflit était le signal d'un changement d'époque.
AC : Il a dit vouloir continuer à parler avec le président russe Vladimir Poutine.

VM : 7 jours après l'entrée des Russes en Ukraine, les combats se poursuivent.

AC : Dans un vote historique, l'Assemblée générale de l'ONU a exigé le départ immédiat des troupes russes de ce territoire.

VM : En Europe, les populations se mobilisent pour venir en aide aux réfugiés.
AC : Et elles manifestent contre la guerre. Nous irons à Vilnius, en Lituanie ou des manifestants se sont installés devant l'ambassade de Russie.

VM : Et enfin, cette décision de l'homme d'affaires russe Roman Abramovitch.
AC : Il a annoncé aujourd'hui avoir pris la décision de vendre le club de football anglais de Chelsea. Il veut utiliser l'argent de cette vente pour aider les victimes de la guerre en Ukraine.

-------

VM : Un cessez-le-feu sera au menu des nouvelles discussions entre Russes et Ukrainiens. C'est une annonce faite par Moscou.

AC : Ces négociations doivent avoir lieu ce jeudi. Une première session de discussion lundi dernier, n'a rien donné. Les Ukrainiens réclament l'arrêt immédiat de l'invasion.

VM : Et en attendant, les combats ont continué ce mercredi.

AC : Une puissante explosion a été entendue ce soir près de la gare centrale de Kiev. Dans la journée, plusieurs villes en Ukraine ont été bombardées. Selon l'armée ukrainienne, les troupes russes sont arrivées à Kharkiv la deuxième ville du pays, qui a subi hier de nombreuses frappes. Les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir attaqué un hôpital. À Marioupol, à l'est du pays, plus de 100 personnes ont été blessées ce mardi dans des tirs russes, selon les autorités locales. À Moscou, le Ministère de la Défense a annoncé un premier bilan au 7e jour de la guerre, 498 soldats russes ont été tués depuis le début de l'offensive. Près de 1 600 autres ont été blessés. Les Ukrainiens estiment que c'est un bilan minoré, que le nombre de victimes russes est supérieur.

VM : Le Président français s'est solennellement exprimé ce mercredi soir au sujet de l'Ukraine.

AC : Emmanuel Macron a prévenu les Français que le conflit allait avoir des conséquences sur leur quotidien. « De nombreux secteurs de l'économie vont souffrir », a-t-il déclaré. Il a aussi estimé que la guerre en Ukraine était le signal d'un changement d'époque. Le chef de l'État a expliqué qu'il restait engagé pour tenter de trouver une solution au conflit. On l'écoute.

Initiative diplomatique, sanctions contre les dirigeants politiques et économiques de la Russie, soutien à la population ukrainienne vont ainsi se poursuivre et s'intensifier avec pour objectif d'obtenir l'arrêt des combats. Et pour autant, nous ne sommes pas en guerre contre la Russie. Nous savons tous ce qui nous lie à ce grand peuple européen qui est le peuple russe, qui a tant sacrifié durant la Seconde Guerre mondiale pour sauver l'Europe de l’abime. Nous sommes aujourd'hui au côté de tous les Russes, qui refusant qu'une guerre indigne soient menées en leur nom, ont l'esprit de responsabilité et le courage de défendre la paix et qui le font savoir en Russie et ailleurs. Pour cela que si j'ai change constamment avec le président Zelensky, j'ai aussi choisi de rester en contact et resterai en contact autant que je le peux et autant que c'est nécessaire avec le président Poutine. Pour chercher sans relâche à le convaincre de renoncer aux armes, pour aider autant que la France le peut dans le cadre des pourparlers en cours, et pour prévenir la contagion et l'élargissement du conflit autant que nous le pouvons.

VM : Le Président français Emmanuel Macron.
Sur le plan diplomatique, l'Assemblée générale des Nations unies à massivement voté ce mercredi une résolution.

AC : Elle exige que la Russie arrête immédiatement de recourir à la force contre l'Ukraine et qu'elle retirer ses troupes sans conditions. Sur les 193 pays membres de l'organisation, seuls 5 ont voté contre le texte, dont la Russie elle-même ; 35 pays se sont abstenus. L'Assemblée générale de l'ONU est réunie depuis lundi en session d'urgence extraordinaire et c'est un vote historique. Correspondance à New York, Carrie Nooten.

C'est un vote qui a fait se lever et applaudir à tout rompre la plupart des ambassadeurs des 193 pays. Dans l'hémicycle de l'Assemblée de l'ONU, on a eu totalement conscience du moment historique : une guerre déclarée il y a une semaine à peine ; un conseil de sécurité bloqué par le véto d'un de ses membres permanents, qui est lui-même l’agresseur ; et finalement, une assemblée générale qui a contourné ce blocage. C'est unis pour la paix, c'est le nom de cette résolution. Le texte exige l'arrêt de la guerre en Ukraine, condamne la décision russe de pouvoir utiliser son arsenal nucléaire à tout moment et condamne l'assistance apportée par la Biélorussie. 96 pays ont coparrainé ce texte, 141 ont voté pour. Les pays du continent africain proche de Moscou se sont abstenus et 4 pays seulement ont voté contre ce texte aux côtés de la Russie : la Biélorussie, la Corée du Nord, l'Érythrée et la Syrie. Aujourd'hui, par ce vote, la Fédération de Russie entre officiellement au club des parias. Carrie Nooten, New York, RFI.

VM : Et la situation en Ukraine, qui mobilise aussi les populations civiles.

AC : Des manifestations continuent d'avoir lieu dans le monde pour protester contre l'invasion du pays par les Russes. C'est le cas par exemple en Lituanie, un des 3 pays baltes. À Vilnius, plusieurs centaines de manifestants sont installés en face de l'ambassade de Russie. Le reportage de Marielle Vitureau.

La place en face de l'Ambassade de Russie est devenue le centre de la contestation contre la guerre en Ukraine. Sur la voie qui mène à la représentation russe, une inscription : « Poutine, le tribunal de La Haye t'attends ! ». Mindaugas est dans la foule. « Il faut leur montrer qu'on [ne] se laissera pas faire. Mais je n'ai pas peur. Nous sommes dans l'OTAN. » Pour lui, l'Occident a une part de responsabilité. « Si de telles sanctions avaient été adoptées en 2014 après la Crimée, il ne serait pas aller si loin aujourd'hui. » Sur un stand, les manifestants peuvent venir chercher des affiches à brandir. Vita, elle, noue des petits rubans bleus et jaunes a accroché à son manteau. Soutenir les Ukrainiens est aujourd'hui très important. « On assiste à la lutte entre le monde autoritaire et la démocratie, la liberté, les droits de l'homme. Il me semble qu'il court à sa perte, mais il ne faudrait pas que cela prenne trop de temps. » Dans la foule Mantas a surtout un message à adresser aux Russes, eux-mêmes : « Ce sont eux maintenant qui doivent se mobiliser. Les changements doivent venir aussi de l'Intérieur de la Russie. » Et pour faire passer ce message, quand ce ne sont pas des émissions sur la guerre diffusées en direct, ce sont des chants ukrainiens qui sont diffusés dans les haut-parleurs. Marielle Vitureau, Vilnius, RFI.

VM : Autre initiative privée : suite à l'invasion russe en Ukraine, cette décision de l'homme d'affaires russe Roman Abramovitch.

AC :  Il a annoncé aujourd'hui avoir pris la décision de vendre le club de football anglais de Chelsea. Thomas de Saint Léger, il veut utiliser l'argent de cette vente pour aider les victimes de la guerre en Ukraine.

C'est effectivement ce qu'il indique dans son communiqué. Il dit également : « Je prends cette décision dans l'intérêt du club, de ses employés, de ses supporters et partenaires ». Roman Abramovitch, oligarque réputé proche de Vladimir Poutine et donc potentiellement cible de fortes sanctions financières dans les prochains jours. Propriétaire de Chelsea depuis presque 20 ans, Abramovitch a investi une partie de sa colossale fortune pour faire des Blues l'une des équipes les plus puissantes d'Angleterre et d'Europe, avec en particulier la première Ligue des champions du club en 2012 avec l'ivoirien Didier Drogba en vedette. Puis une 2nde Coupe aux grandes oreilles la saison passée. L'équipe actuelle avec le Sénégalais Edouard Mendy dans les cages a même remporté la Coupe du monde des clubs le mois dernier. Alors Chelsea en vente : mais qui pourrait l'acheter ? Le coût de l'opération est estimé à 3 milliards d'euros. Autant dire que le processus pourrait s'avérer assez long.

AC : Merci Thomas de Saint Léger.

VM : Et puis les sanctions continuent de s'abattre sur la Russie.

AC : L'Union européenne a confirmé aujourd'hui que 7 banques russes seraient exclues du système de messagerie Swift, un mécanisme clé de la finance internationale. De grandes entreprises américaines comme Exxon Mobil, Apple, Boeing ou Ford, ont pour leur part annoncé qu'elles allaient couper leurs liens avec la Russie. Enfin, les Ukrainiens continuent de fuir leur pays. Près de 900 000 d'entre eux sont déjà partis à l'étranger depuis le 24 février.

Article publié le 02/03/2022

RFI - Radio France Internationale