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Infos en français facile : Édition du 01/03/2022 20h00

Transcription

GUERRE EN UKRAINE : les combats continuent en Ukraine ; et autres nouvelles.

Anne Corpet : RFI, il est 21h à Paris, 23h à Moscou. Bienvenue dans le Journal en français facile présenté avec Zéphirin Kouadio, bonsoir.

Zéphyrin Kouadio : Bonsoir Anne, bonsoir à toutes et à tous. 6e jour, 6 jours après le début de l'invasion russe, les combats continuent en Ukraine. 

AC : Les troupes russes ont bombardé Kharkiv la deuxième ville du pays. Elles ont aussi visé la tour de la télévision de Kiev. Nous ferons le point sur les combats dans ce journal.

ZK : Pour les habitants de ces villes, le quotidien devient difficile. 

AC : Vous entendrez le témoignage d'une professeure de français à Kharkiv, la deuxième ville du pays. Elle parle d'une prochaine catastrophe humanitaire.

ZK : Et puis les sanctions continuent de tomber sur la Russie.

AC : Certaines entreprises privées se désengagent de leurs activités dans le pays, notamment celles du secteur pétrolier. 

ZK : Et pour financer son effort militaire, l'Ukraine a annoncé qu'elle allait émettre des « obligations de guerre » à partir de ce mardi.

AC : Le pays demande aussi une aide d'urgence au fonds monétaire international. 

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ZK : L'armée russe continue sa progression en Ukraine.

AC : Les bombardements russes s'intensifient, ils augmentent, des frappes meurtrières se sont succédées toute la journée. Une bombe a visé cet après-midi la tour de télévision de Kiev tuant au moins 5 personnes. Heike Schmidt.

Oui, des vidéos montrent l'explosion et puis les flammes qui s'échappent de la tour. Depuis, les chaines de télévision sont condamnées au silence. Les habitants de Kiev craignent un assaut massif de l’armée russe, ils creusent donc des tranchées, construisent des barricades de fortune et fabriquent des cocktails Molotov. Car un immense convoi de chars et de camions russes se dirige lentement vers la capitale. L’armée ukrainienne a placé des tanks à l’ouest et au nord pour bloquer l'accès à la ville. Mais l'étau se resserre d’heure en heure autour de la capitale, le ministère russe de la Défense a mis en garde contre de nouvelles frappes notamment contre les services de renseignements. Il appelle les habitants qui vivent à proximité de fuir. « Les combats s’intensifient aussi à Kharkiv dans l’est de l’Ukraine proche de la frontière russe. » Cet après-midi, une frappe aérienne a visé un immeuble résidentiel tuant au moins 8 personnes. Ce matin, l’explosion d’un obus avait déjà visé le siège de l’administration locale sur la place de la liberté, dans le centre de la ville, faisant au moins une dizaine de morts. Des bombardements toujours aussi à Marioupol au bord de la mer d'Azov dans le sud, selon le gouverneur, « les forces russes frappent tous les quartiers de la ville ». Marioupol est plongée dans le noir, l’électricité est coupée. 

ZK : Merci Heike Schmidt. De nombreuses personnes, Anne, tentent toujours de quitter l'Ukraine pour fuir les combats.

AC : Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, plus de 660 000 ukrainiens ont déjà franchi la frontière. Ces personnes se rendent essentiellement en Pologne, mais aussi en Hongrie, en Slovaquie et en Roumanie. Ceux qui restent en Ukraine tentent de s'organiser pour survivre dans des conditions de plus en plus difficiles. Écoutez le témoignage d'Inge. Elle est professeure de français à Kharkiv, la deuxième ville du pays. Olivier Chermann l'a joint au téléphone.

La situation est assez dure, c'est déjà la 6e journée de la guerre et les coups redoublent tous les jours. Donc là, c'est le couvre-feu chez nous et je suis assise dans le couloir parce que nous attendons des frappes. Un missile a détruit entièrement aujourd'hui, notre administration régionale, il y a eu 7 morts, 24 blessés, un enfant. Des quartiers résidentiels sont régulièrement durement touchés par des roquettes. Au centre-ville, il y a aussi des destructions, un hôpital touché, des maisons, plusieurs personnes demandent de l'aide. Des mamans avec des petits enfants ou des personnes âgées qui sont tout seuls et qui ont beaucoup de mal à sortir. Énormément de gens sont très effrayés. Et il y a une très forte entraide, donc on essaie de faire tout ce qu'on peut. Sinon, c'est autrement, c'est pas possible. Déjà, voir la catastrophe humanitaire est quand même très proche, ça devient de plus en plus difficile. 

KZ : Témoignage, recueilli par Olivier Sherman. Et puis le président ukrainien s'est adressé aujourd'hui aux députés européens.

AC : Un discours prononcé à la mi-journée devant le parlement de Bruxelles réuni en session extraordinaire. Volodymyr Zelensky a imploré l'Europe d'accueillir l'Ukraine en son sein. « Nous nous battons pour notre liberté, pour notre survie, pour devenir un membre à part entière de l'Europe. Prouvez-nous que vous êtes à nos côtés » a lancé le chef de l'État. Un appel lancé en visioconférence depuis son bureau de Kiev.

KZ : Le président ukrainien s'est aussi entretenu avec le président américain aujourd'hui.

AC : Il a demandé à Joe Biden d'arrêter l'agresseur russe au plus vite. Les deux chefs d'État ont aussi parlé des sanctions prises contre Moscou. Selon la Maison Blanche, elles commencent à avoir un impact sur l'économie russe. 

KZ : Et les sanctions continuent de tomber sur la Russie.

AC : Elles sont prises par les gouvernements, mais concernent aussi le secteur privé. Plusieurs entreprises étrangères ont annoncé qu'elles se retiraient du marché russe. Un mouvement commencé par le secteur pétrolier : BP et Shell ont dit qu'elles se désengageaient de leurs activités en Russie. Ces deux entreprises se séparent des parts qu'elles détiennent dans des groupes russes. Mais Total Énergie reste sur place : l'entreprise française a dit qu'elle ne commencerait pas de nouveau projet en Russie, mais conserve pour le moment ses activités sur place. Ce mardi matin, le ministre français de l'Économie Bruno Le Maire a dit vouloir provoquer l'effondrement de l'économie russe. Il va s'entretenir avec des responsables de Total Énergie. Pauline Gleize.

Bruno Le Maire discutera de la situation dans les prochains jours, avec les patrons d'Engie et de Total Énergie. Mais le ministre de l'Économie a déjà clairement fait connaître son point de vue, ce matin sur France Info. « Moi, je crois qu'il y a désormais un problème de principe à travailler avec toute personnalité politique ou économique proche du pouvoir russe. Une fois encore, c'est la liberté européenne qui est attaqué. C'est une nation souveraine qui est attaquée et menacée par Vladimir Poutine. » Pour Engie, la situation est un peu différente selon Bruno Le Maire, car le fournisseur de gaz a déjà converti sa participation dans Nord Stream 2 en un prêt. Les yeux se tournent davantage vers Total Énergie. « Je préfère en discuter avec le premier intéressé, je crois est parfaitement conscient de la gravité de la situation qui est Patrick Pouyanné. Il a une conscience aiguë de la gravité de la situation et je pense que nous pourrons prendre des décisions ensemble dans les jours qui viennent. » Dans la foulée, Total Énergie a renoncé à financer de nouveaux projets en Russie sans pour autant se retirer des projets actuels. La major a dit approuver l'étendue des sanctions et les appliquera « quelles que soient les conséquences ». Des conséquences en cours d'évaluation.

ZK : Pauline Gleize. Et puis la Biélorussie est aussi visée par des sanctions. 

AC : Le Royaume-Uni a annoncé avoir puni quatre hauts responsables militaires et deux entreprises de ce pays. La Biélorussie soutient l'invasion russe de l'Ukraine.  

ZK : Enfin, au chapitre économique, l'Ukraine a annoncé qu'elle allait émettre des « obligations de guerre » à partir de ce mardi.

AC : Kiev veut ainsi financer ses forces. Les autorités veulent aussi rassurer les investisseurs internationaux. Elles affirment que le pays pourra honorer sa dette. Mais les inquiétudes sont là : le Fonds Monétaire International s'est dit préoccupé des conséquences de la guerre sur l'économie de la région. Anne Verdaguer.

Cette collecte de fonds est une « obligation militaire » destinée à « tous ceux qui souhaitent soutenir le budget du pays en ces temps troublés » a dit le ministère ukrainien des Finances lors d'une conférence téléphonique avec des investisseurs. Le pays a aussi demandé une aide d'urgence au Fond monétaire international qui a dit explorer toutes les options pour un soutien financier supplémentaire. L'Ukraine est sous-programme FMI depuis juin 2020 avec la signature d'un crédit de 5 milliards de dollars. Une mission a été lancée par l'institution pour une enveloppe en plus de 700 millions de dollars. En 2019, le PIB par habitant en Ukraine restait inférieur de 20 % par rapport à 1990 et l'Ukraine n'a jamais retrouvé son niveau d'avant l'effondrement de l'Union soviétique. La faute notamment à la corruption et à l'oligarchie qui reste très attachée à celle de la Russie. Le FMI a d'ailleurs conditionné son aide à la lutte anti-corruption et à une accélération de la réforme judiciaire. 

AC : Anne Verdaguer du service économique de RFI. C’est la fin de ce Journal en français facile. Merci de l’avoir écouté, rendez-vous demain à la même heure pour une nouvelle édition.

Article publié le 01/03/2022

RFI - Radio France Internationale